Ý.Ü.Siyasal
Bilgiler Fakültesi Dergisi
No: 23-24 (Ekim
2000-Mart 2001)
L'EXTERNALISATION: UN
OUTIL STRATEGIQUE D'AVANTAGE CONCURRENTIEL
Doç. Dr. A. Zeynep
DÜREN*
A la veille du 3ème Millénaire, la nécessité de redéfinir les
stratégies concurrentielles à l'échelle mondiale s'impose de façon catégorique
aux entreprises quelque soit leur secteur d'activité.
L'avantage recherché par l'accroissement de la taille envue de faire face
à la concurrence, devient une stratégie dépassée. Le nouvel approche se
coustruit sur l'idée du "Lean Management" avec une structure applatie,
horizontale et orientée processus.
Le Lean Management repose sur la "pensée minceur" et propose cinq
attitudes de base en vue de gagner la flexibilité de faire face à la
concurrence, et au mieux, jouer un rôle de leader dans le marché:[1]
·
Une pensée
prospective: Approfondir et
façonner les actions futures en les prévoyant.
·
Une pensée
sensitive: Comprendre
l'environnement avec tous les détecteurs disponibles et réagir pour
s'adapter.
·
Une pensée
globale: Considérer l'effet
sur l'ensemble et montrer du courage face à la complexité.
·
Une pensée
dynamique: Exploiter et
utiliser toutes les ressources disponibles.
·
Une pensée
économe: Eviter tout
gaspillage, gérer avec économie.
La métamorphose de
l'environnement
L'environnement des entreprises n'ai plus celui des années d'après
guerres caractérisé par une forte croissance économique qui pourrait être
caractérisée par les faits suivants:
·
Une demande solvable
excédant souvent l'offre;
·
Un cycle de vie des
produits généralement assez long;
·
Une libéralisation
progressive du commerce international avec le maintien du protectionnisme autour
de certaines industries-clés dans chaque pays;
·
Des consommateurs et
clients modérément exigeants;
·
L'utilisation de
l'informatique restant centralisée et limitée à quelques applications de gestion
seulement.
La fin des
années quatre-vingt-dix marque un tournant radicalement nouveau et crée un
environnement dans lequel les entreprises luttent sur tous les plans pour
survivre et faire face au rythme des changements
progressifs.
La taille d'une
entreprise gagne une importance majeure. La tendance est à des entreprises et à
des départements de plus en plus petits. La raison principale provient de la
suppression des départements, fonctions, activités et processus non
rentables.
Les phénomènes
les plus importants qui marquent l'actuel environnement des entreprises sont
comme ci-dessous:[2]
·
Une offre souvent
supérieure à la demande solvable,
·
Les nouvelles exigences
et caractéristiques du client-roi,
·
La transparence
électronique des marchés lié aux developpements des échanges de données
électroniques et du multimédia,
·
La globalisation avec à
la fois l'ouverture des marchés et l'apparition de marchés nouveaux comme par
exemple la Chine et l'Inde,
·
Une compétition plus
rude, qui augmente le nombre de concurrents,
·
Une obsolescence plus
rapide des produits et des équipements,
·
Une exigence accrue de
vitesse, qu'il s'agisse de délais de livraison, de vitesse de transport, de
temps de développement d'un nouveau produit,
·
Les innovations dans le
domaine des technologies de l'information qui amène un énorme avantage
concurrentiel aux entreprises.
Les changements dans
l'organisation des entreprises:
La deuxième révolution industrielle s'est caractériseé par la domination
de la grande entreprise oligopolistique, le plus souvent à intégration
verticale, opérant dans un secteur défini.
Durant les années quatre-vingt-dix, la grande entreprise se rétrecie,
recherche une taille plus petite, s'articule en structures plus autonomes
(divisions, unités de gestion, centres de profit...) qui concentrent leur
activité sur des processus mieux définis.[3]
Les grandes entreprises réduisent leurs effectifs car les nouvelles
technologies de l'information favorisent la diminution de
taille.
La nécessité de devenir encore plus flexible pour faire face aux rapides
changements environnementaux, pousse les entreprises à se recentrer en même
temps, sur moins de spécialités et à externaliser de multiples tâches ou
fonctions. Pour y parvenir, les entreprises accroissent le recours à des
personnels externes et modifient ainsi leur organisation et la nature du
travail. La flexibilité se traduit par des investissements accrus aux nouvelles
technologies de l'information, qui à leur tour, permettent aux entreprises de
supprimer beaucoup de postes de cadres intermédiaires qui traitaient de
l'information. Par conséquence, la structure hiérarchique pyramidale du passé
laisse la place à une structure beaucoup plus plate, horizontale et recentrée
sur les fonctions et processus essentiels.
Selon H. Mintzberg, innover signifie "se placer en rupture avec les modes
d'action préétablis. L'organisation innovatrice ne peut s'appuyer sur aucune
forme de standardisation pour coordonner ses activités... Elle doit donc, éviter
tous les pièges de la structure bureaucratique, ... elle doit, ainsi, avant
toute chose, rester flexible... (L'entreprise innovatrice) doit adopté la
structure adhocratique... qui respecte le moins les principes classiques de
gestion et spécialement celui de l'unité de commandement. Dans cette structure,
les informations et les processus de décision circulent de façon flexible et
informelle, là ou ils doivent le faire pour promouvoir l'innovation".[4]
Durant les années quatre-vingt-dix, les entreprises ont suivis
systématiquement des plans de redressement de leurs activités par un processus
de restructuration de leur organisation à six démarches:
·
Réduire les effectifs
(downsizing),
·
Réduire le nombre de
niveaux hiérarchiques,
·
Vendre ce qui ne
constitue pas les activités essentielles,
·
Supprimer les cadres
intermédiaires,
·
Licencier les employés
en surnombre,
·
Externaliser tout ce qui
ne constitue pas une compétence stratégique.[5]
D'après Rosabeth
Moss Kanter, l'entreprise des années quatre-vingt-dix réussissant ces acitivités
de restructuration se trouvre caractérisée comme le modèle de l'entreprise
post-industrielle. L'entreprise post-industrielle est plus nerveux, débarrassé
des adjonctions, et, par conséquent, plus centré et focalisé sur les seuls
domaines de sa compétence. Elle compte de moins en moins de départements et de
personnels, perd son aspect vertical et la dimension horizontale, c'est-à-dire
l'ensemble des processus de coopération et de communication entre divisions,
entre départements et entre unités de production, devient la règle.[6]
La détermination des
activités et fonctions essentielles et
l'externalisation:
La notion d'externalisation repose sur le fait que l'entreprise se
restructure sur ses activités et fonctions essentielles et s'en débarrasse de
tout ce qui est secondaire.
Pour un certain nombre de services, même les grandes entreprises ne
peuvent s'offrir le luxe d'investir toujours plus pour disposer des équipements
nécessaires de dernières technologie qui deviennent chaque jour d'avantage un
facteur de compétitivité.
La nouvelle approche de l'avantage concurrentielle pèse impérativement
sur l'entreprise pour qu'elle devienne la meilleure (mondiale) dans ses
activités essentielles.
Pour Michael Porter, une entreprise peut posséder deux types d'avantage
concurrentiel: par les côuts ou par la différenciation. "L'avantage
concurrentiel permet soit d'offrir une valeur comparable plus efficacement que
les concurrents (domination par les côuts réduits), soit d'exercer des activités
à un côut comparable mais d'une manière exclusive qui crée plus de valeur que
les concurrents et implique donc une différence de prix (la différenciation).[7]
Externaliser, c'est abandonner une partie de la valeur ajoutée par
l'entreprise pour plus de marge, de qualité, de réactivité, des moyens, des
investissements et une meilleure concentration des savoirs faire sur les
processus constituant le coeur de son avantage
stratégique.
Dans ce contexte, l'entreprise couservera ses activités en fonctions
essentielles en interne auxquelles elle consacrera l'essentiel de ses ressources
et de ses talents. Par contre, pour toutes les autres activités de services
(secondaires), si elles ne sont par susceptibles de devenir parmi les
meilleures, l'entreprise aura intérêt à les externaliser à des partenaires qui font
partie des meilleurs dans leurs secteurs (ou mondiaux). Ainsi se forment des
entreprises interdépendantes par réseaux. La clé du succès des entreprises
devient l'alliance et le partenariat avec les autres entreprises supposées
meilleurs dans leurs activités et fonctions. L'alliance et le partenariat se
fait avec les créateurs de produits, des sociétés d'ingénierie, d'agences de
publicité, de services logistiques, des chaînes de distribution, d'organismes
financiers et des fournisseurs de composants etc...
Tom Peters propose une théorisation de l'externalisation tout en
intégrant dans ce cadre la notion de sous-traitance qui, depuis longtemps, se
pratique dans plusieurs secteurs tels que l'automobile, l'electronique... Les
enjeux et les impératifs de l'externalisation et de la sous-traitance sont
recapitulés de la façon suivante:[8]
·
Ne travailler qu'avec
les meilleurs: Dans l'idéal, il s'agit d'une relation qui permet à l'un et à
l'autre partenaire de profiter de leur insertion dans un
réseau.
·
Compte tenu de
l'instabilité du marché mondial, il faut demander l'impossible aux
sous-traitants: C'est une raison de plus pour ne traiter qu'avec les entreprises
les plus performantes de leur catégorie.
·
Monopoliser autant que
possible l'attention du sous-traitant: Obtenir un traitement préférentiel parmi
de nombreux clients à qui ils donnent un service de premier
ordre.
·
Aider ses sous-traitants
à rester en excellente santé financière: Leur donner les moyens pour qu'ils
emploient des technologies de pointe dans leurs processus ainsi que dans leurs
produits.
·
Chercher à remplacer le
mot sous-traitant: Préférer de parler de collaborateur extérieur et donner
importance à la confiance et la dépendance réciproque.
Conditions pour réussir
l'externalisation:
Pour réussir l'externalisation, il est conseillé de disposer d'une
check-list afin de ne pas négliger un des ses nombreux aspects:[9]
·
Bien clarifier et
expliciter la définition du coeur de l'activité (core competence). En
externaliser un des composants fondamentaux serait
suicidaire.
·
Un comité de pilotage
engagé qui évaluera tous les avantages et inconvénients de l'externalisation et
toutes ses implications.
·
Une analyse détaillée de
la fonction externalisable, de ses côuts et des aspects liés à la qualité et à
la satisfaction des clients internes et externes. Il faut évaluer à quelles
conditions l'externalisation crée un avantage concurrentiel
complémentaire.
·
Le choix du partenaire
en examinant pérennité, compétences, moyens, coincidence des intérêts et
politiques à long terme, et aussi les rapports de pouvoir et d'influence
respectifs qui peuvent s'établir dans la relation
client-fournisseurs.
·
Une stratégie de
communication avec le personnel pour éviter la démotivation et les inquiétudes
concernant les emplois, surtout pour le personnel transféré au
sous-traitant.
·
L'organisation d'un
transfert d'activité sans risque de discontinuité ou ennuis de
passage.
·
La qualité du contrat
sur le plan du contenu, des pénalités prévues en cas de non-respect des clauses
de délais, fournitures, respect des spécifications de
qualité.
·
Un suivi et contrôle
interne de tous les indicateurs de progrès de qualité de fournitures prévus dans
le contrat et faire un tableau de bord pour surveiller en permanence les
relations entre parte naires.
Le passage à des
systèmes d’entreprise en réseau:
| Caractéristiques |
Le
modèle actuel |
Prototype
du 21ème Siècle |
| Organisation |
Hiérarchique |
En
réseau |
| Structure |
Auto
suffisante |
Interdépendante |
| Attentes
des employés |
Sécurité |
Croissance
personnelle |
| Leadership |
Autocratique |
Partagé |
| Main-d’oeuvre |
Homogène |
Culturellement
diverse |
| Organisation
du travail |
Individuel |
En
équipe |
| Marché |
Domestique |
Global |
| Avantage |
Coût |
Rapidité |
| Focalisation |
Profit |
Client |
| Ressources |
Capital |
Information |
| Autorité |
Bureau
du direction |
Partenariat |
| Qualité |
Ce
qui est abordable |
Aucun
compromis |
Tableau I: L’Entreprise
de Demain[11]
Quelques donnés pour
conclure:
Les résultats d’une recherche réaliseé dans les grandes entreprises
Turques ayant participé et pour une partie d’entre elles gagné le Prix National
de la Qualité accordé par TÜSÝAD/KALDER[12] en Turquie,
justifient l’expansion des activités d’externalisation comme stratégie
concurrentielle.
Le recherche[13] engloble les 27
entreprises qui, entre 1993 et 1999, ont participé an Prix et réussi la première
étape d’évaluaiton qui consiste à l’examen détaillé de la documentation préparée
pour la participation. L’enquête qui constitue l’outil principal de la recherche
a été formée autour de trente deux questions concernant plusieurs techniques
managerials. Pour ce qui est de cet analyse, nous nous limiterons sur les
résultats concernant les activités d’externalisation dans les 27 grandes
entreprises Turques utilisant la Qualité Totale et le Modèle de l’Excellence
EFQM:
·
60 % des entreprises,
annoncent d’avoir commençé depuis quelques anneés, la restructuration de leur
organisation en processus horizontale, en vue d’extérnaliser toutes activités et
fonctions secondaires dans lesquelles la marge de la valeur ajoutée devient non
compétitive.
·
52 % des entreprises,
considèrent l’externalisation comme une approche facilitant la flexibilité et
par de là racourcissant le delais de réponse aux changements
multiples.
·
La ventilation des
activités externalisées et services sous-traités dans les vingt-sept entreprises
se présente comme ci-dessous:
| Activité
Externalisée |
Nombre
d’Entreprise |
| Informatique |
13 |
| Relations
Publiques |
6 |
| Transports |
22 |
| Nettoyage |
24 |
| Courrier |
14 |
| Support pour les
Ressources Humaines |
3 |
| Traduction |
11 |
| Affaires
juridiques |
14 |
| Recherche sur
place, enquêtes etc… |
18 |
| Production par
sous-traitance |
7 |
| Production de
composants |
7 |
| Service après
vente |
4 |
| Gardiennage |
10 |
| Formation |
11 |
| Recrutement |
0 |
| Autres |
9 |
Autres:
·
Préparation de documents
(1 entreprise)
·
Maintenance (3
entreprises)
·
Restauration (5
entreprises)
·
Jardinage (1
entreprise)
·
Laverie (1
entreprise)

Tableau II: La
ventilation des activités d’externalisation
par nombre
d’entreprise
L’externalisation,
devient de plus en plus un moyen d’action stratégique en vogue, qu’il s’agisse
de processus de fabrication ou sous-processus, de composants qui sont assemblés
partiellement par un sous-traitant, de maintenance, de logistique, de
gardiennage, d’informatique, de restauration, de recherche, de formation, de
facturation, paie, dépannage, centre de services clients,
etc…
NOTES:
*
Ýstanbul Üniversitesi, Siyasal Bilgiler Fakültesi, Ýþletme Bölümü Öðretim Üyesi.
[1]
BÖSENBERG, Dirk, METZEN, Heinz, Le Lean Management, Trad.: Equipe de
Télé-Traduction, Les Editions d'Organisation, Paris, 2ème Tirage,
1995, p: 34.
[2]
BRILMAN, Jean, L'Entreprise Réinventée, Les Editions d' Organisation,
Paris, 5ème Tirage, 1997, p: 23-24.
[3]
BUTERA, Federico, La Métamorphose de L'Organisation, Les Editions
d'Organisation, Paris, 1991, p: 19.
[4]
MINTZBERG, Henry, Le Management, Voyage Au Centre Des Organisations,
Trad.: Jean-Michel BEHAR, Les Editions d'Organisation, Paris, 1990, p:
288-289.
[5]
BRILMAN, Jean, (1997), op.cit., p: 84.
[6]
KENNEDY, Carol, Toutes Les Réponses Aux Grandes Questions du Management,
Trad.: Larry Cohen, Ed. MAXIMA, Paris, 1996, p: 35.
[7]
KENNEDY, Carol, Toutes Les Théories du Management, Trad.: Arnaud Dupin de
Beyssat, Ed. MAXIMA, Paris, 2ème Edition, 1995, p:
173.